THEATRE: La Nuit à l'Envers

Agenda : du 27-01-2018 au 28-01-2018

La nuit à l'envers : étonnant dialogue

Une prostituée fait monter un client dans sa chambre. Rien de plus normal. Elle est jeune, agréable, joyeuse. Une belle blonde, un p'tit peu vulgaire, juste ce qu'il faut. Elle sait mettre à l'aise le client. Lui, c'est Monsieur Quelconque. Il n'est pas vieux, un peu gros nounours, un pied pas tout à fait sorti de l'enfance. Il traîne et ne semble pas pressé d'enlever ses frusques. Elle s'étonne. Un original ! Ce n'est pas le premier, ce ne sera pas le dernier, mais ça fatigue, ce genre de gugusse. Il paye, demande encore une heure. Il est là pour parler. Qui est-il ? Que veut-il ?

 

«La nuit à l'envers», c'est l'histoire de deux solitudes qui se croisent sans se rencontrer. Lui a besoin de parler, de combler ce vide, le manque d'amour. Comme, elle le dit «des mecs comme toi, ce sont les pires. Vous avez tout perdu, votre fierté et votre envie de vivre, et c'est pour ça que vous êtes dangereux». Ses clients sont sa solitude à elle. Ce qui est bien avec ce personnage, c'est que ce n'est pas un cliché, ni une caricature. Elle a ses souffrances bien sûr, mais elle ne fait pas de misérabilisme.

 

«La nuit à l'envers» est un texte de jeunesse du «jeune» auteur Xavier Durringer.

Il l'a écrit à 23 ans avec des mots qui sentent encore les rages et les rêves d'adolescent. C'est vrai que cela peut sembler désuet à certains adultes, touchant à d'autres. En tout cas pour les lycéens qui ont la chance de venir voir la pièce, c'est un choc. Une pièce qui parle «comme eux» dans une langue et avec des sentiments qu'ils connaissent.

La mise en scène et la direction des comédiens de Christophe Lidon est impeccable. II y a mis beaucoup de tendresse et d'optimisme. Il n'a pas choisi des «vedettes» maison, mais des acteurs avec lesquels il voulait travailler.

Florence Viala offre à son personnage beaucoup de chaleur, de joie et d'émotion. Jérôme Pouly donne une belle fragilité à son personnage.

«La nuit à l'envers» est peut-être une œuvre mineure, mais une œuvre nécessaire.

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